vendredi 20 avril 2012

Franquin, encore !

  Un bien bel hommage que celui des Inrocks à André Franquin.
 En kiosque depuis peu, le hors-série aborde de façon exhaustive l'oeuvre du génial dessinateur Belge dont la poésie et l'humour uniques manquent terriblement à la bande dessinée Européenne.

 On peut le dire sans exagérer, la revue se veut documentée et richement illustrée, recueillant au passage de nombreux témoignages de dessinateurs qui expriment leur rapport à l'univers "franquinien" avec toute la spontanéité et la sincérité qui certes sont l'apanage d'un tel exercice, mais qui se veut aussi un mémento de la perception du travail de Franquin de son vivant comme depuis son décès.

 Vous trouverez en prime quelques extraits de l'indispensable (que dis-je, la Bible ! Bientôt enfin réédité !) Et Franquin créa la gaffe, ouvrage dirigé dans les années 80 par Numa Sadoul, grand spécialiste de la BD et de Franquin en particulier.

 Bref, pourquoi vous en priver ?


Prunelle manifestant un léger agacement alors que Gaston s'est absenté pour acheter le hors-série...

dimanche 8 avril 2012

Ah ben oui, ça, bravo !

  Que pouvait-on attendre de la réédition d'une histoire d'une vingtaine de planches parue dans le journal de Spirou en 1966 et dessinée par le maître Franquin ? Pas grand chose sans doute, sachant que Bravo les Brothers est toujours disponible en complément de l'album 19 des "Aventures de Spirou et Fantasio", Panade à Champignac. Cela n'empêche pas les éditions Dupuis de nous proposer un ouvrage ma foi plaisant, avant tout à destination des collectionneurs.


  Rappelons à tout hasard la nature exceptionnelle de cette histoire, à savoir qu'il s'agit d'une aventure de Spirou et Fantasio dans l'univers de Gaston (jusqu'ici Gaston apparaissait furtivement dans les grandes épopées de nos héros). Franquin s'amuse ainsi à faire coexister le temps d'une courte farce les deux mondes, celui de la rédaction du journal avec ses trombines familières (Lebrac, Prunelle, De Mesmaeker...) et celui de Spirou (l'écureuil Spip et bien sûr le Marsupilami, en guest-stars)*.
 

 Et donc qu'attendre d'une telle réédition ? En premier lieu la possibilité de relire une des histoires les plus drôles de la série (et en passant la favorite de Franquin lui-même) dans une nouvelle version coloriée qui redonne un peu de vigueur au trait, comparée à la colorisation dégueulasse des éditions actuelles des albums de la série (et je ne vous parle même pas de la qualité du papier...). Orchestrée par Frédéric Jannin comme auparavant pour la réédition de la série "Gaston", cette mise en couleur amène une chaleur absente des autres versions encore disponibles bien que l'on pourra trouver à redire sur certaines exagérations ou nuances, voire réinterprétations (certes annoncées comme lorgnant au plus proches des intentions de l'auteur, mais ce genre de discours, voyez...).



 Le plaisir est doublé par la reproduction en fac-similé des planches originales en noir et blanc (à l'exception de 3 planches qui ont malheureusement disparues et remplacées ici par des scans de la publication dans l'hebdo Spirou) de l'histoire, grâce auxquelles l'on pourra s'émerveiller inlassablement face au trait dynamique et pur du maître. Le commentaire affable des spécialistes José-Louis Bocquet et Serge Honorez se révèle une mine d'infos et d'anecdotes concernant le processus créatif et le contexte historique de l'histoire, certes peu utile pour les connaisseurs de l'oeuvre "franquinienne" mais au final d'excellente qualité.


 "C'est bien, ça, dites-donc" me direz-vous, mais qu'en est-il de l'histoire en elle-même ? Ben c'est Gaston qui offre un trio de chimpanzés à Fantasio pour son anniversaire : avez-vous vraiment besoin d'un résumé, alors que tous ces beaux dessins n'attendent que vos yeux embués de gratitude pour les dévorer ? M'enfin !
 
*notons que malgré tout Fantasio est le rédacteur en chef, et donc le "boss" de Gaston dans la série du gaffeur, ce qui a souvent entraîné un débat chez les amateurs de Franquin sur l'appartenance de l'histoire à l'une ou l'autre des deux séries.

vendredi 30 mars 2012

La Lune, c'est plus c'que c'était !


 Un film finlandais de science-fiction avec des Nazis, de l'humour idiot et visiblement de sacrés gros moyens, ça vous tente ? En ce qui me concerne, oui !


 Le trailer officiel :




Et les trois teasers en une seule vidéo :

 

 Bref, un bon gros défouloir en perspective le 4 avril prochain, sachant que la B.O. a été confiée aux bons soins des Slovènes de Laibach ! Pour plus d'infos, un petit tour sur le site officiel du film.

A quand les Illuminati et les pyramides d'Egypte ? Ah ben c'est déjà fait, un nanar qui répondait au nom de Cinquième élément.

mercredi 28 mars 2012

Rêvons en couleurs avec Lovecraft




 Fort du succès du Kickstart achevé en novembre dernier pour le financement de son adaptation graphique de The Dream-Quest of Unknown Kadath, Jason Thompson a annoncé via sa structure que l'album était prêt à être envoyé aux souscripteurs. Vous pouvez vous aussi profiter d'une part de rêve en commandant ce qui s'annonce comme une véritable merveille directement sur le site de Mockman.
 



 En outre, un poster de la carte du parcours de Randolph Carter dans le Dreamland est également disponible, et ma seule réaction à sa vue a été quelque chose du genre "gfxzzzzt !". Jugez plutôt (cliquez dessus, hein ?) :




"gfxzzzzt !" je vous dis.

mardi 27 mars 2012

The usual gang of idiots


C'est par cette fameuse expression que l'équipe du magazine le plus fou aimait à se présenter. Et c'est avec bonheur que l'on peu dès aujourd'hui se procurer une anthologie des meilleures histoires parues dans ces imitations de Mad dénommées Panic (édité par E.C. en complément de Mad), Flip, Whack, Crazy Wild ou encore Get Lost pour n'en citer que quelques-unes. Et qui d'autre que le plus grand éditeur de BD au monde (oui j'assume),  Fantagraphics, pouvait offrir une édition à la mesure de cette folie ?

192 pages de pur bonheur parodique dont certaines par des artistes Mad (Jack Davis, Will Elder), et même Jack Kirby ! Une belle manière d'accueillir le printemps.

    

lundi 26 mars 2012

La classe en noir et blanc


  Dire de Gary Gianni (né en 1954) qu'il est un maître de l'illustration revient à rendre ridicule le plus absolu des pléonasmes. Illustrateur pour le Chicago Tribune et la télé à ses débuts , ça n'est qu'en 1990 qu'il se fait véritablement connaître en tant que tel en illustrant Jules Verne (20.000 Leagues Under the Sea) ou des classiques de l'écrivain Américain O. Henry. Puis c'est au tour de la bande dessinée avec Indiana Jones ou The Shadow avant qu'il ne propose sa propre création avec les Monstermen, tout d'abord présentée en "back-up" des histoires de Hellboy puis éditée en un unique one-shot en 1998.
La consécration pour l'illustrateur va se profiler via un contrat avec la firme Anglaise Wandering Star pour laquelle il va produire une série saisissante de peintures et de dessins pour accompagner les œuvres de Robert E. Howard (Conan, Solomon Kane). Enfin l'ultime reconnaissance, Gary Gianni prend les rênes en 2004 d'un des plus grands "strip" de l'histoire de la bande dessinée mondiale (avec Mark Schultz au scénario), le prestigieux Prince Valiant, devenant ainsi le troisième (!) dessinateur de la bande depuis 1937 après le grand Hal Foster (son créateur) et son élève John Cullen Murphy.

Héritier des illustrateurs Américains de la fin XIXème / début XXème siècle, Gary Gianni s'inscrit définitivement dans la lignée des Franklin Booth, Joseph Clement Coll ou Gustave Doré : sa maîtrise des contrastes et des lignes d'encres subtiles révèlent un art dynamique et hypnotique du "storytelling". Invoquant l'esprit des grands écrivains de la littérature fantastique et d'horreur et usant à l'occasion des codes des magazines "pulp", Gianni parvient avec ses Monstermen à remodeler sa source d'inspiration en une création extrêmement personnelle, empreinte d'humour et d'une galerie monstrueuse à toute épreuve. Menées par le réalisateur millionnaire Lawrence St. George et son acolyte Benedict, membre du groupe occulte Corpus Monstrum* (dont l'équipe n'est pas sans rappeler celle d'un certain Doc Savage), les aventures des Monstermen sont autant d'énigmes pour les lecteurs que pour leurs protagonistes.

  Le recueil Gary Gianni's Monstermen and Other Scary Stories, tout récemment édité par Dark Horse fait honneur à la série : l'intégralité des aventures publiées sous une présentation cartonnée, papier mat du plus bel effet et qualité d'impression optimale pour un artiste qui le mérite très largement. Ajoutez à cela des bonus savoureux, quatre nouvelles de grands noms tels que William Hope Hodgson, Robert E. Howard, Clark Ashton Smith et Perceval Landon, toutes magnifiquement illustrées par Gianni. En somme une présentation ultra soignée pour un contenu qui synthétise les plus jouissif des ingrédients, par un très très grand artiste.


*Et dont le visage masqué par un heaume de fer nous fait nous demander si le Mr. Choc de Tif et Tondu n'est pas, aussi surprenant que cela puisse sembler, passé par là !

mardi 20 mars 2012

La folie des grandeurs

  Lorsqu'il s'agit de célébrer leurs grands maîtres du pinceau et de la plume, les Américains font rarement les choses à moitié. La maison d'éditions IDW, cinquième plus gros éditeur de comic books aux États-Unis est connu en premier lieu pour publier des séries de qualité plutôt médiocres (pour rester poli) issues des licences télé et ciné (Star Trek, Buffy, Transformers etc.), de manière analogue à ce que pouvait proposer Dark Horse à leurs débuts. Mais IDW c'est aussi le havre de la majorité des œuvres de Ashley Wood ou de Ben Templesmith, auteurs qui méritent une attention plus marquée au regard de la personnalité évidente de leurs travaux respectifs. Enfin, la maison d'édition se veut également l'abri de collections aux qualités éditoriales et artistiques croissantes, telles que la série d'ouvrages dirigés par Craig Yoe sur l'âge d'or de la bande dessinée américaine ou la série des "Artist's Edition". Cette dernière se voit aujourd'hui augmentée d'un nouveau titre à la beauté renversante. 

  Wallace "Wally" Wood (1927-1981) est souvent considéré comme le plus grand dessinateur Américain avec Jack Kirby. D'une productivité phénoménale dans le domaine de la BD ou de l'illustration, passant du dessin réaliste en totale corrélation avec le sujet (science-fiction, policier ou horreur) à la caricature la plus délirante (sa participation à  Mad Magazine demeure l'un de ses plus grands "hauts faits"), Wood fit les beaux jours de la série des géniaux E.C. Comics dans les années 50 et 60 et contribua grandement aux succès des divers projets auxquels il fut associé, de concert avec Harvey Kurtzman, Jack Davis ou Bill Elder, autres grands noms qui changèrent profondément la vision de la bande dessinée mondiale et dont l’œuvre demeure de nos jours incroyablement moderne et vivante.
  
  Cette anthologie reprend une sélection tous genres (bien qu'en grande partie tournée vers la S.F.) d'histoires publiées dans les diverses séries E.C., présentant des "scans" incroyables de planches originales en taille réelle, ce qui explique les proportions inhabituelles pour un ouvrage de ce type (38 x 55 en gros !). Le trait expressif et dynamique, la luxuriance des décors et la richesse des scénarios en sont ainsi magnifiés comme jamais ! En bonus, une histoire complète jamais publiée ("Spawn of Venus"), scannée directement des archives de l'artiste (on peut même voir les cases délimitées au "tipex" et les fardes sur lesquelles les planches se trouvaient) pour un résultat tout aussi dément. Certes, un ouvrage pour collectionneurs avant tout, dont la maniabilité est sujette à caution dès lors qu'il s'agit de lire à proprement parler, mais quel régal permanent pour les yeux !

  Côté "douloureuse", la première édition est d'ores et déjà épuisée, mais IDW prévoit un second tirage pour mai ou juin de cette année. Il va vous falloir économiser (150 dollars en gros), mais le résultat étant au-delà de toute polémique, se nourrir de féculents pendant six mois vous paraîtra comme le paradis sur terre.

  La prochaine édition de la collection verra l'intégralité de la saga "Born Again" de la série Daredevil par Frank Miller et David Mazzuchelli, scannée entièrement par ce dernier ! Amen.