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mardi 12 février 2013

Albion contre-attaque

 La nouvelle est enfin tombé : la tournée de la Vierge de Fer Seventh Tour of a Seventh Tour (1988-1989), dont deux dates  en Angleterre firent l'objet d'une VHS à l'époque (bien qu'en version tronquée), se verra offrir une seconde jeunesse sur DVD, son 5.1 et track-list complète le 25 mars prochain. En bonus notamment la suite de la "Maiden Story" couvrant la période suivant le World Slavery Tour à la tournée susnommée. La version audio intégrale sera également éditée en double-CDS et vinyles.

Le communiqué officiel extrait du site du groupe :

 EMI are proud to announce the highly anticipated release of the Double Disc DVD MAIDEN ENGLAND ‘88 on 25 March. Now available for the very first time on DVD, this live show was filmed across two sold-out nights at Birmingham N.E.C Arena, UK in November 1988 during the band’s “Seventh Son Of A Seventh Son World Tour”. Disc one contains the concert which has been specially upgraded and extended from the existing 1989 longform VHS release and now includes three previously unreleased encores: Running Free, Run To The Hills and Sanctuary thereby completing the full concert with a total running time of 110 minutes . Maiden’s own Film Producer and Director Andy Matthews went back to the 1988 edit and painstakingly remastered each shot digitally; colour correcting and grading to give the image the best possible look from that time.  As well as the VHS stereo sound track by Martin Birch, the band’s producer between 1981 and 1993, the DVD also includes a brand new 5.1 audio surround mix by Maiden’s current producer Kevin Shirley. The concert was meticulously directed and edited by bass player and founder member Steve Harris, so as to capture the performance from a fans-eye view of the stage, focusing fully on the music, the elaborate stage production and the lighting.  Add into the mix an electrifying set list and of course Eddie, and Maiden England now offers a snapshot of a bygone era in which the band, as they continue to do today, devote their all in delivering the ultimate live experience for their fans.

La suite sur http://www.ironmaiden.com






jeudi 31 janvier 2013

Pledge your allegiance


 Le prochain album des Britanniques de Senser, To the Capsules, est en cours de finalisation et fait actuellement l'objet d'un ensemble de souscriptions via Pledge. Outre une version numérique assortie de sa contrepartie physique (CD ou vinyle), des "bundle" t-shirts et autres accessoires, les fans pourront également bénéficier de leçons de guitare avec Nick Michaelson ou de batterie avec Johnny Morgan. Les 5 souscripteurs les plus généreux (500 livres) se verront offrir une visite guidée de Paris en compagnie du chanteur Heitham al Sayed.
 
 Le groupe entend ainsi s'affranchir des contraintes d'un contrat qui le lierait à un label sans réel investissement pour favoriser la promotion du successeur de How To Do Battle, sorti en 2009. A noter que 5% du montant total à la fin de la souscription sera reversé à Amnesty International.



jeudi 4 novembre 2010

Bioblog : Godflesh part 1 (1988-1991)

 Fondé en 1988 à Birmingham, Angleterre, par Justin K. Broadrick (Final, Fall of Because, Napalm Death) et G.C. Green, Godflesh demeure envers et contre tout un projet unique dont l'influence en matière d'hybridation rock et machines est encore mesurable de nos jours. Sous le joug d'un environnement  urbain déprimant où la rouille et la misère entretiennent un ménage forcé , le duo va transformer rage et haine en un exutoire parmi les plus catharsiques de l'histoire de la musique extrême. Drum-machine ultra lourde, guitares acérées et geignardes, basse en overdrive et chant tour à tour agressif et angélique, la recette fleshienne est implacable et y goûter revient à vivre un passage à tabac mental au plus près des caniveaux déjà saturés d'immondices.


1988 : Godflesh
 Initialement édité en vinyle puis cassette par le label Swordfish Records en 1988 (et réédité par Earache deux ans plus tard avec 2 titres bonus) ce premier mini-album se caractérise par l'aspect très primaire des ses structures et ambiances. Par primaire, il faut bien évidemment entendre une rage et une violence pulsionnelles que le chant écorché (parfois quasi-guttural) se charge d'accentuer. Pourtant les bases sont bien là : une lourdeur à tout casser, une basse déjà bien présente et hypnotique ("Avalanche master song"* ; "Ice nerveshatter") et une guitare lancinante à la limite de la rupture et de la dissonance ("Spinebender", très éprouvant). Les rythmiques enlevées et énervées sont bien sûr d'ores et déjà utilisées ("Weak flesh", excellent, l'entêtant "Veins"), tandis que la chant alterne entre agression directe et texture éthérée sur fond de reverb. Tous les ingrédients du Godflesh à venir sont présent, avec ce côté punk qu'ont souvent les premières productions. La réédition CD comprend un remixe du titre "Wound" (tiré de "Streetcleaner" et rebaptisé "Wounds"), ainsi qu'un version de "Streetcleaner" indus-ambient-bruitiste dérangée. Un début très honorable qui démontre la personnalité unique du projet et qui surtout annonce que nous ne sommes pas au bout de nos surprises...


"Veins"

*dont le nom pour l'anecdote reprend deux titres de chansons de Leonard Cohen !



1989 : Streetcleaner
 Concentré de haine et de douleur, Streetcleaner est sans aucun doute l'un des albums les plus lourds et les plus extrêmes jamais enregistrés. Tout ici est au service d'une rythmique monolithique (drum-machine dévastatrice, un son de basse époustouflant et une guitare en retrait mais terrifiante), les sons sont graves et seuls les quelques accords que Justin Broadrick livre à côté de ses riffs meurtriers nous avertissent que la tonalité change. Une chose est sûre, si vous chercher la sérénité, cet album n'est pas pour vous : du martial "Like rats" au lobotomisant "Locust furnace", en passant par les extraordinaires "Streetcleaner" et "Christbait rising", cet hybride industriel/metal puise ses sources auprès des pionniers du lourd et de l'épique tels que Black Sabbath ou encore Killing Joke, ce dernier étant une des influences majeures du groupe lui-même. Je dis puise donc, et non copie : loin d'une version industrielle agressive des projets sus cités, Godflesh transcende tous les genres par le spectre dérangé d'une musique suffocante et multi-dimensionnelle . A plus forte raison si vous commencez par le dyptique monumental "Devastator/Mighty trust krusher" : un grand groupe, un grand album...**


"Christbait rising"

**Earache a récemment édité une version "remasterisée" par Broadrick lui-même, garnie de versions rares et inédites.



 1991 : Loopflesh/Fleshloop
 Sortie plutôt confidentielle que cet Ep (1400 exemplaires chez Clawfist) qui pour être anecdotique n'en reste pas moins sympathique. Deux groupes reprennent un titre l'un de l'autre : Loop (ici appelé Loopflesh) dans lequel officie Robert Hampson (futur collaborateur de Godflesh) reprend "Like Rats" tandis que Godflesh (ici Fleshloop) s'attaque à "Straight to Your Heart", allégeant quelque peu son style tout en conservant sa patte. Un objet de collection avant tout.


1991 : Slavestate
 Pour un mini-album, en voilà un qui est sacrément long. Regroupant diverses sorties de 1991 sur des supports variés, Slavestate est un pavé froid et inquiétant. Lourd, très lourd, quasiment aucun son aigu sur ce disque, si ce n'est quelques dissonances du sieur Broadrick ça et là. D'entrée de jeu Godflesh nous assomme avec le 'tube' techno-indus qu'est "Slavestate" : nappes synthétiques, loops techno très brutes et rythmique de mammouth en rut. Une véritable bombe que le mur de guitares vient déclencher avant l'apparition d'un chant vindicatif. A contrario, "Perfect skin" ralenti le tout et mérite amplement l'appellation de doom industriel, où seule la voix en retrait émerge pour donner un peu de souffle aux plus claustrophobes d'entre nous. De nouveau des boucles electro, limite new beat, et la rythmique au métronome s'emballe pour cette folie furieuse qu'est "Someone somewhere scorned", sur lequel les riffs lourds accompagnent les rares incursions dans la mélodie dissonante. Pensez-vous que "Meltdown" vous permettra de vous reposez ? Hé bien perdu ! Martèlements incessants de rythmes tribaux, de guitares déchirées contrastés par un chant éthéré et désabusé. Viennent ensuite deux remixes du morceau éponyme, versions electro-techno où le chant se limite à scander des leitmotivs. Une version dub de "Perfect Skin" (déjà le dub), et pour finir une nouvelle version de "Wound", ainsi qu'un morceau bien sympathique, le très lourd "Slateman" où l'on peut entendre du saxophone ! En somme, le duo Anglais est en très grand forme, et leur excellence est sur le point d'éclater au grand jour...


"Perfect skin"

Ce texte est une refonte de chroniques publiées sur Guts of Darkness en 2003 et 2004.



mercredi 26 novembre 2008

Novit enim Dominus qui sunt eius

Sorti peu avant le plus "accessible" et le plus mélodique de leur album, Selfless, ce ep de Godflesh est la preuve enregistrée que le duo de Birmingham était véritablement inclassable. Se concluant sur un superbe et hypnotique remix ambient de "Don't Bring me Flowers" (tiré de Pure, 1992), Merciless offre également deux incursions malades dans un domaine ouvert autant sur l'expérimental que l'électro ou la drum'n'bass, bien entendu passé à la moulinette Godflesh. Mais le coup de semonce, également coup fatal, c'est le sublime morceau éponyme qui ouvre le disque. "Merciless" est avant tout un vieux morceau de Fall of Because, formation pré-Godflesh dans laquelle Justin Broadrick tenait les baguettes. Un morceau retravaillé donc, au tempo alourdi par l'écrasant riff de guitare, le rythme sentencieux de la drum machine et cette basse au son incroyable que l'on croirait droguée à Killing Joke et Big Black. "Merciless", c'est très certainement la fin de l'Être : cette fin que l'on passe sa vie à repousser en vain pour au bout entrevoir en elle la solution à tous nos maux. Pachydermique est le mot, entre la section rythmique plombée, le riff massif qui triture les tripes et la voix angélique de Broadrick qui s'écoule comme un esprit hors d'une enveloppe charnelle.


Show no mercy, Kicked me to the ground
Felt no pain, You're deaf to every sound

Un mastodonte s'érige et se dresse devant la lumière, fait trembler le sol de ses membres d'ivoire et écrase les restes de résistance. La douleur n'est plus, elle est diffuse et impitoyable.